09 avril 2005
Avant de quitter le secteur du Centre (2)
Au moment où le 74e R.I. va quitter définitivement le secteur du Centre Thil – Chauffour, et avant de relater ce que fut la suite de son parcours, il n’est pas inutile de dresser un rapide bilan des sept mois qu’il vient de passer au nord de Reims.
Après les violents combats de Thillois suivis pas ceux de Loivre et Brimont, qui marquèrent la fin de la poursuite initiée par la bataille de la Marne (engagement de Courgivaux), allemands et français de la 5e D.I. se font face de part et d’autre de la Route Nationale 44. A la fin septembre, cette ligne de front est incontestablement figée. De la guerre de mouvement on glisse vers une guerre de position. La pluie de l’automne 1914, rougie du sang des hommes, va s’écouler dans les premières tranchées…
Au prix de travaux considérables et épuisants, le terrain est progressivement organisé défensivement par les combattants-terrassiers du 74e épaulés par des détachements du 3e Génie et les territoriaux des 75e et 78e R.I.T. De longs rapports et croquis, conservés au S.H.D., témoignent en détail de ces travaux. Aujourd’hui encore subsistent quelques traces de cette organisation. Je posterai quelques photos ultérieurement.
Durant l’automne et l’hiver, la vie des combattants du 74e R.I. sera rythmée par la garde des tranchées, face à l’ennemi, les patrouilles nocturnes quotidiennes, les corvées et la continuation des travaux de terrassement et d’organisation du secteur du Centre. Les bataillons du régiment se relèvent entre eux : les périodes en première ligne alternent donc avec des périodes de repos ou semi-repos que les hommes passent dans les petits villages de Thil, Pouillon, Saint-Thierry… avec quelques échappées à Reims.
Beaucoup de combattants du 74e R.I. perdront la vie dans ce secteur, bien davantage y seront blessés. Les 15 derniers jours de septembre furent les plus meurtriers : attaques et contre-attaques réitérées firent plus de 300 morts au 74e.
Du mois d’octobre 1914 au mois d’avril 1915, le secteur, nettement plus calme, ne fut troublé par aucune opération d’envergure. Pour cette période, j’ai néanmoins relevé (à ce jour) une centaine de tués. Ces pertes furent causées majoritairement par les bombardements quasi quotidiens frappant tant les premières lignes que les villages de cantonnement. Des accrochages de patrouilles se soldèrent également par la mort de plusieurs soldats. A déplorer aussi quelques morts « marginales » : un suicide, un fusillé, quelques accidents ou erreurs de tirs…
Enfin, et pour terminer sur une note plus humaniste, ce fut dans ce secteur que, la nuit de Noël 1914, des soldats du 74e fraternisèrent quelques heures avec les allemands qui leur faisaient face... J’ai déjà évoqué brièvement cet épisode sur le blog.
Ruines de l'église de Thil, in La Guerre Documentée.
03 avril 2005
Avant de quitter le secteur du Centre (1)
Pour clore – bien que j’y reviendrai sans doute ultérieurement – la chronique de la vie du 74e R.I. dans le secteur Thil – Chauffour, et avant de suivre le régiment dans son prochain secteur, voici les noms des derniers combattants du régiment décédés en ces lieux que j’ai pu relever à ce jour :
Bonvoisin, Joseph, né en 1888, tué le 20 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Sillery.
Thieuleux, Julien, né en 1891, tué le 20 mars 1915, sergent, inhumé dans la nécropole de Sillery.
Duboc, Albert, né en 1893, décédé le 29 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Cormicy.
Lavenas, Albert, né en 1893, décédé le 29 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Cormicy.
Zaiss, Louis, né en 1886, décédé le 29 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Cormicy.
Basille, Louis, né en 1887, décédé le 30 mars 1915.
Motte, Louis, né en 1889, décédé le 30 mars 1915, 4e Cie.
Latourte, Auguste, né en 1881, décédé le 1er avril 1915, 1ère Cie.
Gressent, Narcisse, né en 1883, décédé le 7 avril 1915.
Loin de là, à Rouen, Savreux, Maxime, né en 1889, décédait le 25 mars 1915 des suites d’une maladie.
Pour cette période, le J.M.O. du régiment décrit un secteur relativement calme, troublé de temps à autres par des fusillades et des bombardements qui, on le voit, continuent à faire régulièrement des victimes dans les rangs du 74e R.I.
Voici la dernière journée que le régiment passa dans le secteur du Centre telle que la relate le J.M.O. :
11 AVRIL 1915
Dans la soirée du 10, quelques shrapnells de 77 ont éclaté sur le bois de Chauffour. En lançant une grenade sur les tranchées ennemies, un sous-lieutenant (M. Ruffier) et un sergent (Brasseur, de la 6e Cie) ont été blessés par l’éclatement prématuré de cette dernière.
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre. Toutefois, des bruits de voitures et d’automobiles ont été entendus toute la nuit jusqu’à 4 heures du matin.
Pendant la nuit, deux reconnaissances commandées chacune par un sergent ont été dirigées en avant du secteur. Ci-joint le rapport auquel elles ont donné lieu.
La matinée s’est passée sans incident.
Dans la soirée du 11, vers 16 h. 50, une dizaine d’obus de 150 sont tombés sur le bois de Chauffour, près de la Route Nationale. Un homme du 74e R.I. a été grièvement blessé à la cuisse par un éclat.
14 mars 2005
Les deux derniers caporaux...
... du 74e R.I. tués dans le secteur de Thil - Chauffour.
J.M.O. du régiment
8 MARS 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre. Toutefois, vers 20 heures, le caporal Rognon (8e Cie du 74e R.I.), en patrouille de couverture des travailleurs du bois de Chauffour, a été mortellement atteint par une balle ennemie au cours d'une fusillade provenant d'une reconnaissance qui s'était approchée de nos travaux.
Pendant la nuit, une reconnaissance commandée par un sergent-major a été dirigée en avant du secteur.
Dans la matinée, l'artillerie ennemie a envoyé des obus de différents calibres sur la lisière est, le centre du bois, et sur les travaux nouvellement entrepris au bois de Chauffour, ainsi que sur le bastion du Cantonnier. Pas de pertes.

Georges Rognon, caporal, parisien, 21 ans, tué le 7 mars 1915. Il repose aujourd'hui dans la nécropole de Sillery.
Arsène Doutreleau, caporal, né en 1880 à Bourville, tué le 8 mars 1915. Sa mort n'est pas mentionnés dans le J.M.O. Je n'ai pas retrouvé de sépulture…
04 mars 2005
A Thil, rien de nouveau...
Début mars 1915, grand calme sur le front du 74e R.I. ; 90 ans après, grand calme sur le blog du 74e R.I. ...
1er MARS 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre.
Pendant la nuit, deux reconnaissances commandées, l'une par un aspirant, l'autre par un adjudant, ont été dirigées en avant du secteur.
Dans la matinée, l'artillerie ennemie a envoyé quelques projectiles de différents calibres sur le bastion du Cantonnier. Pas de pertes.
Matinée calme et sans incident.
2 MARS 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre.
La matinée a été particulièrement calme et s'est passée sans incident.
3 MARS 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre.
Pendant la nuit, trois reconnaissances commandées, l'une par un sous-lieutenant, les deux autres par un adjudant, ont été dirigées en avant du secteur. Ci-joints les rapport auxquels elles ont donné lieu.
Dans la matinée, l'artillerie ennemie a envoyé quelques projectiles (77) sur le centre du bois de Chauffour. Pas de pertes. Le reste de la matinée s'est passé sans incident.
4 MARS 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre.
Pendant la nuit, deux reconnaissances commandées, l'une par un lieutenant, l'autre par un sergent, ont été dirigées en avant du secteur.
La matinée a été particulièrement calme et s'est passée sans incident.
5 MARS 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre.
Dans la matinée, l'artillerie ennemie a envoyé de nombreux projectiles de différents calibres sur le bois de Chauffour, les Carrières (Route nationale 44), ainsi que sur le bastion du Cantonnier. Pas de pertes. Le reste de la matinée s'est passé sans incident.
22 février 2005
Patrouille Gréboval
Extrait du J.M.O.
Dans la soirée du 18 [février 1915], l'artillerie ennemie (77) a battu, vers 13 heures, la lisière du bois de Chauffour : deux soldats ont été tués : Pouchin et Stourm, 7e Cie.
Auguste Stourm, lorrain de naissance, avait 21 ans.
Louis Pouchin, originaire de Dieppe, avait 25 ans. Il repose aujourd'hui dans le carré militaire du cimetière communal de Janval à Dieppe.
Le secteur est relativement calme. Chaque nuit des patrouilles et reconnaissances sont poussées en avant des lignes. A titre d'exemple, voici le rapport de l'une d'entre elles :
Rapport de reconnaissance
20 février 1915
Chef de la reconnaissance
Sous-lieutenant Greboval.
Effectif
1 officier, 2 sous-officiers, 2 caporaux, 14 soldats.
Itinéraire
Tranchée A des Carrières sud – chemin bois Tardy – Courcy jusqu'à sa jonction avec le chemin Thil – Courcy. Retour par le même itinéraire.
But
Porter vers 19 heures une patrouille près du point de jonction des chemins Thil-Courcy – Bois Tardy – Courcy où passent fréquemment des patrouilles ennemies et tendre une embuscade. En cas de rencontre avec l'ennemi, l'attaquer pour faire des prisonniers.
Durée de stationnement
2 à 3 heures.

Résultats obtenus
Aucun élément ennemi n'a franchi le réseau de fil de fer de 19 à 22 h. 30. Aucun ouvrage nouveau n'a été constaté en avant du réseau de fil de fer ennemi 150 mètres au nord et 150 mètres au sud du chemin Thil – Courcy.
L'embuscade fut établie, la gauche appuyée au chemin Bois Tardy – Courcy légèrement en arrière d'une petite crête passant par la jonction des chemins indiqués ci-dessus. Pour attirer l'ennemi dans une direction favorable, une patrouille fut lancée en avant. Quoique s'étant approchée à proximité de la ligne ennemie, cette patrouille à 9 heures 45 n'avait encore entendu aucun bruit, ni constaté l'emplacement de sentinelles aux postes. Je me portai moi-même en avant. A 200 mètres environ de la jonction des chemins, j'ai pu relever un emplacement de sentinelles paraissant avoir été récemment occupé. A ce moment une douzaine de coups de feu nous furent tirés venant d'environ 60 mètres à notre droite. Malgré les gémissements poussés par un homme de la patrouille pour attirer l'ennemi, aucun élément ne franchit le réseau de fil de fer derrière lequel les coups de feu avaient été tirés. Jusqu'à 22 h. 30, la patrouille continue à parcourir le terrain à proximité du réseau de fil de fer, 150 mètres au nord et 150 mètres au sud du chemin Thil – Courcy sans résultat.
Départ: 19 heures
Rentrée: 22 h. 50
Note : Le jeune sous-lieutenant Gréboval sera tué quelques mois plus tard, lors des combats de Neuville-Saint-Vaast…
16 février 2005
La mort du chef de bataillon Plessis
Extrait du J.M.O.
16 FEVRIER 1915
Pendant toute la nuit, l'artillerie ennemie a manifesté une certaine activité par l'envoi de nombreux projectiles (77). Pas de pertes. Une légère fusillade a été entendue vers 1 h. 30 dans la direction du Luxembourg.
Dans la matinée, canonnade intermittente sur tout le front du secteur du Centre, puis très intense, de 11 h. 30 à 12 h. 30, dans la direction du Luxembourg.
Vers 9 h. 30, le commandant Plessis, commandant le secteur du bastion du Cantonnier, inspectant les tranchées de première ligne, reçut une balle dans la tête et mourut presque instantanément.
Le commandant Arthur Plessis, originaire de l'Eure, avait 41 ans. De l'active, il était au 74e R.I. depuis 1909. Il partit, le 2 août 1914, à la tête de la 3e Cie du 74e R.I. qu'il engagea successivement lors des combats de Roselies et de Guise. Le 7 septembre, en plein combat de Courgivaux, il fut désigné pour prendre le commandement du 1er bataillon en remplacement du capitaine Pétry, écarté de ce poste pour des raisons qu'il me reste à étudier… Il commandait toujours ce bataillon lorsqu'il fut tué, sans doute par un bon tireur allemand à l'affût, il y a aujourd'hui 90 ans. Ce même jour, Antoine Maucourt, 23 ans, soldat de la 8e Cie, était également tué.
11 février 2005
Quand les français tirent sur les français...
En ce début de mois de février 1915, les incidents se multiplient sur le secteur. Dans la nuit du 6 au 7 février, l'adjudant Martinetti, de la 10e Cie, sera blessé par une sentinelle de sa propre section alors qu'il inspectait sa ligne de guetteurs. Un rapport a été établi à cette occasion en vue de rechercher les causes de cette erreur. Quelques jours plus tard, un soldat du régiment disparaît au cours d'une reconnaissance nocturne. Indisposé lors de la mission, son chef de patrouille le renvoie dans les lignes. Il ne réapparaîtra jamais… Enfin, dans la soirée du 12 février, le caporal Pierre Ledoult (33 ans) est tué par un patrouilleur du 7e Chasseurs à cheval… Voici un extrait du rapport du général commandant la division provisoire Guérin sur cette patrouilles qui se termina tragiquement, sans l'aide des allemands…
Expéditeur : Général commandant la division Provisoire Guérin
Date : 13 février 1915
Nuit calme sur le front du secteur du Centre.
74e R.I.
Pendant la nuit trois reconnaissances :
La première, au Cantonnier, de 18 heures à 20 h. 30, forte de 23 hommes du 74e R.I., deux sous-lieutenants, un sergent et quatre hommes du 75e R.I.T., commandée par un sous-lieutenant du 74e R.I., est sortie par l'extrêmité droite de la nouvelle courtine du bastion du Cantonnier. Après avoir reconnu qu'aucun poste d'écoute allemands n'existait aux abords des lignes allemandes en face de la courtine, elle s'est dirigée sur deux sentinelles ennemies qui fumaient à l'intérieur de leur réseau. Des hommes ayant toussé, l'alarme fut donnée. Les allemands lançèrent 8 à 10 fusées et tirèrent quelques coups de feu sur la reconnaissance qui se replia en rampant.
A l'appel, on s'aperçut que le groupe formé par les territoriaux et guidé par le caporal Ledoult, du 74e R.I., avait perdu la liaison et n'était pas rentré.
Ce groupe, après être resté en observation pendant une heure près du réseau allemand et avaoir entendu enfoncer des piquets à coups de maillets en fer, avait, en se repliant dans l'obscurité, pris une fausse direction et s'était dirigé sur les tranchées du 274e R.I. Les deux sous-lieutenants, le sergent et deux hommes du 75e R.I.T., après avoir reçu quelques coups de feu, rentrèrent. Les deux autres hommes du 75e R.I.T. avec le caporal Ledoult se présentèrent dans le secteur du 7e Chasseurs, où une patrouille qui couvrait une équipe de pionniers, les prit pour des allemands et tira sur eux, tuant le caporal d'une balle au ventre. Les deux hommes retournèrent en arrière et purent rentrer dans les lignes, le premier vers 1 h. 30, par la tête du bastion, le second vers 7 heures ; vers 23 h. 30, il avait été recueilli par une patrouille du 274e R.I. et gardé par elle jusqu'au jour.
[...]
05 février 2005
Carte du secteur du Centre
Je continue la présentation du secteur du Centre Thil – Chauffour. Cette carte* montre l'ensemble de la région et le positionnement du secteur sur la ligne de front le 20 octobre 1914. 
La ligne rouge désigne l'extrême avancée française ainsi que le front dévolu à chaque division, tandis que la bleue schématise l'extrême avancée allemande.
J'ai surligné, en jaune, le front tenu par le 74e R.I. et j'ai indiqué approximativement les trois sous-secteurs partageant le secteur dit du Centre qui seront pendant de long mois gardé par les hommes du régiment (aidés en cela par l'appoint de quelques troupes territoriales).
- – bastion du Chauffour
- – bastion des Carrières
- – bastion du Cantonnier
Prochainement, je posterai une carte recentrée sur le secteur du 74e R.I. en même temps que je détaillerai son organisation.
* Extrait de la carte 55, extraite elle-même du volume des cartes du 4e volume du tome 1 des Armées Françaises dans la Grande Guerre
J.M.O du régiment
Voici le J.M.O. du régiment pour les derniers jours :
3 FEVRIER 1915
Dans la soirée du 2, vers 17 heures, le bois de Chauffour fut l'objet d'un bombardement assez intense par des projectiles de différents calibres. Un homme fut tué (soldat Delaisse) et deux autres blessés, dont l'un assez grièvement (soldat Feray).
Nuit calme sur tout le front du secteur du Centre.
Pendant la nuit, une forte patrouille, commandée par un sous-lieutenant, a été dirigée en avant du secteur.
Dans la matinée, quelques shrapnells éclatèrent sur le bois de Chauffour. Pas de pertes.
4 FEVRIER 1915
Nuit calme sur tout le front du secteur du Centre.
Pendant la nuit, une forte patrouille, commandée par un lieutenant, a été dirigée en avant du secteur.
Dans la matinée, un monoplan allemand a survolé nos lignes jusqu'à ce qu'un des nôtres le força à faire demi-tour. L'artillerie ennemie a battu fréquemment les positions en arrière de Thil (Saint-Thierry village et Saint-Thierry fort), par des projectiles de gros calibre.
Matinée sans incident sur le front du secteur.
Le 5 sera une journée calme et il en sera de même pour les jours suivants. Le régiment a eu deux tués pendant cette période :
- Le soldat Paul Delaisse, lors du bombardement du 2. Il était de la classe 1902, recrutement de Versailles. Ses restes ont été déposés dans l'ossuaire de la nécropole de Sillery.
- Le soldat Alexandre Féray. Il est décédé, le lendemain, à l'ambulance de Chenay, des suites de blessures occasionnées par ce même bombardement. Originaire de Lillebonne, il avait 26 ans. Il repose aujourd'hui sous la tombe 2694 de la nécropole de Cormicy. Le site de recherche de sépultures indique, par erreur, qu'il appartenait au 75e R.I… J'irai prochainement vérifier cela sur place...
01 février 2005
Le secteur du Centre
Continuons à faire connaissance avec ce secteur que le 74e R.I. occupera de septembre 1914 à avril 1915.
Le secteur sera appelé secteur du Centre et il sera divisé en trois sous-secteurs :
- le bastion de Chauffour
- le bastion des Carrières
- le bastion du Cantonnier
Très agitée et théâtre de violents combats au moment de la stabilisation des forces (10 – 30 septembre 1914), cette partie du front connaîtra ensuite, pendant de nombreux mois, une tranquillité relative. Cela signifie cependant des bombardements quotidiens plus ou moins meurtriers, des fusillades intermittentes, des rencontres de patrouilles qui peuvent mal finir, des coups de mains souvent infructueux, parfois meurtriers, toujours dangereux, etc.
Au final, le 74e R.I. aura tout de même perdu, au cours de ces mois et en ces lieux, plus de 300 tués et des centaines de blessés…

Voici un panorama pris au sortir de Thil. Nous sommes face à l'est (et aux lignes allemandes !). Il permet de voir la partie sud du bastion de Chauffour et la partie nord du bastion des Carrières. Nous nous trouvons sur le chemin de relève, dessiné un peu plus bas, abordant le plateau sur lequel se trouvaient les premières lignes françaises. Je posterai ultérieurement un plan du secteur et préciserai son organisation.
Le massif du Brimont inquiétera les français pendant encore de longues années…







