BLEU HORIZON - 74e R.I.

Un régiment normand dans la Grande Guerre

31 décembre 2004

Bonne Année du 74e !

Carte de voeux d'un soldat du 74e R.I. posant tranquillement pour sa douce (cette carte est très certainement antérieure de quelques années à la guerre).

Grand merci à Vincent L. qui m'a fait récemment don de ce document !!

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30 décembre 2004

Tous en choeur !

A la demande générale, voici le refrain du 74e R.I. :

Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est original comme refrain pour un régiment...

Posté par stephan à 20:22 - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 décembre 2004

Le 29 décembre 1914

J.M.O. du 74e R.I.

« Dans l'après-midi du 29, le Bastion du Cantonnier a été arrosé par une quarantaine d'obus de gros calibre. Trois hommes ont été tués, trois légèrement blessés. »

J'ai retrouvé les noms de ces trois pauvres bougres :

- André, Aimable BOUJUS, né en 1888 ;

- Auguste COLETTE, né en 1884 ;

- Henri, Marie DUFRESNE, né en 1883.

Tous trois soldats ; DUFRESNE appartenait à la 2e Cie.

Ce même jour, à l'ambulance 4 du 3e Corps d'armée (installée à Chenay), décédait, des suites de ses blessures, le soldat Aloïse BAUER (né en 1888). Il est aujourd'hui inhumé dans la nécropole de la Maison Bleue, à Cormicy, tombe n° 2053.

Ce sont, à ce stade de mes recherches entreprises en vue de retrouver l'ensemble des "Morts pour la France" de ce régiment, les derniers tués de l'année 1914...

Posté par stephan à 15:39 - 1. - Secteur Thil - Chauffour - Commentaires [0] - Permalien [#]

Noël

A mon brave commandant Plessis, 1er bataillon du 74e d'infanterie, tué à côté de moi, dans la tranchée de la Tête de Cochon, le 16 février 1915. En souvenir des charges à la baïonnette des nuits de Courgivaux et du bois Carré du Tillois.

NOEL


Noël ! Il fait plus froid que les autres nuits froides.

Blanc de lune, l'acier brûle dans nos mains roides;

La plaine moutonneuse est de givre. Là-haut,

L'étoile des bergers, aux longs cils d'or, bientôt,

Tendrement guidera dans l'ombre aux purs mystères,

L'ardent Alleluia des amants de la Terre.

C'est Noël ! Dans nos trous on a tant de malheur,

Ce soir, les pieds dans l'eau, qu'on a froid jusqu'au coeur.

Du fond du souvenir, chaque soldat qui veille,

Ressuscite un Noël du bon temps qui sommeille.

" Il neige ! Et c'est si bon, la neige des heureux !

" On cause avec son âme ; on fait la route à deux ;

" L'ombre morte s'éveille; à grands cris, les cortèges

" Glissent à pas feutrés, au rythme de la neige ;

" Un manteau de silence, épais, du ciel descend,

" Ouatant le bonheur du village aux toits blancs ;

" Et vers minuit les vieux dont les lanternes bougent

" S'en vont prier, peuplant les bois d'étoiles rouges ;

" L'autel est plein de fleurs, de cierges par-dessus ;

" La crèche est tout en or, et Marie, et Jésus !

"Longtemps après, le chant de l'église qui brille,

" Vit, joyeux, dans la bûche, au foyer qui grésille... "

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Mais ce soir... Ah ! ce soir, qu'on est triste ! Il fait froid.

Le silence est méchant... Par instants, on perçoit,

D'en face, un choeur sacré, grave comme un cantique.

Dieu ne veut pas souiller son heure magnifique.

Trêve aux échos de mort ! Pas un coup de fusil.

Seul, un discret : Wer da ? le choc clair d'un outil !

Et voici que chemine au long de nos tranchées

Un poilu loqueteux, silhouette penchée.

Il titube... Il a bu. C'est sans doute un cuistot :

Ça chaufferait le ventre, un peu de café chaud !

Mais non, voilà qu'il passe, hâve, la barbe blanche,

Voûté sous son fardeau, cassé sur une branche.

Seigneur ! est-ce bien Lui, surgi de l'irréel ?

Ah! Seigneur! « Halte-là! »... C'est le père Noël !

Il défaille, il s'en va, ses hottes sont usées...

Alors son bras de juste allume des fusées ;

Fouillant les corps fauchés devant les fils de fer,

Semeur du Paradis, sans trêve, il lance en l'air

Paraboles d'éclairs, féeriques trajectoires,

Tout un feu d'artifice aux grands signes de gloire !

Et j'ai vu que c'étaient les âmes de nos morts

Qui montaient jusqu'à Dieu fleurir en gerbes d'or.

Bois de Chauffour, décembre 1914.

Paul VERLET fit la guerre au 74e. Une mauvaise blessure l'éloigna du front en 1916. Il publia, en 1919, un recueil de poèmes rédigés durant la guerre, dont celui ci-dessus est extrait. Plus loin, il commençait un autre poème par ces vers :

"Seigneur mon Dieu, Seigneur, je crois que je vivrai !

Oui, ma poitrine brûle et j'ai bien mal, c'est vrai...

Je vivrai, je vivrai !... Vouloir c'est déjà vivre !"

Le poête à le privilège de dire ce qu'il veut, mais pas toujours celui de faire comme il dit :

Paul VERLET devait décéder des complications de sa blessure en 1923...

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28 décembre 2004

Un peu de bruit...

Allez, puisque je viens d'évoquer la Belgique en 1914, j'ajoute que celle de 2004 a des trucs pas mal à se mettre entre les oreilles : A donf' et sans modération !

Posté par stephan à 01:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]

A l'ouest rien de nouveau...

  Quatre mois... quatre mois à ne pas se remettre de sa blessure dans un Lazaret de Charleroi... Il y a 90 ans, ce 28 décembre, décédait Julien, Charles, BODESCOT, soldat au 74e R.I., blessé lors des combats de Roselies (22-23 août 1914) en Belgique. Il avait 25 ans.

Ce même jour était tué le caporal Marcel, Arthur, LEMIRE. A cette date, le 74e grelottait depuis trois mois dans les tranchées au nord de Reims (secteur de Thil). De la classe 13, il venait d'avoir 21 ans...

Posté par stephan à 00:34 - Portraits - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 décembre 2004

MPF

Je remercie l'internaute (dont je ne connais pas le nom) qui vient de me donner, sur le forum pages 14-18, les noms de quelques soldats du 74e R.I. inhumés au cimetière de La Verberie dans l'Oise. 

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26 décembre 2004

Un petit crobart pour la nouvelle année...

 

Posté par stephan à 14:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Puisque c'est de saison, je continue autour de ce premier Noël de guerre, vécu par le 74e... Viendront plus tard, si j'y pense, quelques récits de soldats en contrepoint de ces documents d'archives.

Expéditeur : Lieutenant-colonel Brenot

Lieu d'expédition : Thil

Date : 26/12/1914

Il a été rendu compte au commandement que certains des hommes qui, hier matin, sont sortis des tranchées pour aller au devant des allemands, étaient munis d'appareils photographiques et auraient pris des photographies.

Le général de division prescrit de faire fouiller tous ces hommes et de confisquer leur appareil photographique ou les clichés qu'ils auraient pu prendre.


Expéditeur : Lieutenant-colonel Brenot

Lieu d'expédition : Thil

Destinataire : commandant du 3e bataillon

Date : 28/12/1914

Il est parfaitement exact que vous m'avez signalé, à la 9e Cie, quatre caporaux (un par section occupant les tranchées de première ligne le 25 décembre au matin), mais j'ai estimé que les responsables étaient les sergents-chefs de tranchée, ainsi qu'il ressort du rapport du lieutenant Wagner (et également du rapport que vous m'avez transmis hier au soir). Si vous estimez que les caporaux Colin, Denou..aux, Delaunay et Sellin [ou Sellir ?] soient particulièrement fautifs, je vous prie de m'en rendre compte pour que je puisse prendre à leur égard les sanctions nécessaires.

Posté par stephan à 13:25 - 1. - Secteur Thil - Chauffour - Commentaires [0] - Permalien [#]

Essai photo

Allez, on se tente une image...

P.C. situé en lisière de Thil.

Posté par stephan à 03:11 - 1. - Secteur Thil - Chauffour - Commentaires [0] - Permalien [#]



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