BLEU HORIZON - 74e R.I.

Un régiment normand dans la Grande Guerre

28 avril 2005

Le sale obus..

Reprenons la direction du secteur Miette – Cholera. Le 28 avril 1915 fut une journée comme les précédentes : relativement calme avec, par intermittence, des bombardement par minenwerfers, artillerie lourde, grenades… Jusqu’à présent, les gars du 74e s’en étaient plutôt bien tirés, sans grandes pertes. Mais ce 28 avril, un obus fit mouche en tombant à proximité d’un abri de la 4e Cie, dans le sous-secteur de la Miette…

Le soldat Marcel Sénécal a été tué sur le coup (inhumé dans la nécropole de Pontavert, tombe 3461)

Elysée Héranval est mort quelques instants plus tard, à Jonchery-sur-Vesle

Paul Cavelier décèdera des suites de ses blessures le 15 mai à l’ambulance 14 de Jonchery-sur-Vesle.  Curieux : sur sa fiche, il est précisé qu’il est mort des suites d’une maladie. Ce qui, cependant, est à peu près certain, c’est que cette maladie lui a été transmise par des morceaux de ferraille mal digérés… (inhumé dans la nécropole de Cormicy, tombe 4020)

Louis Leduey, certainement intransportable, a agonisé jusqu’au 15 juin 1915, toujours à Jonchery-sur-Vesle… Il est mort loin des siens laissés à Bolbec, et loin de ses camarades de misère du 74e, déjà  partis sous d’autres cieux se faire prendre dans le hachoir de Neuville-Saint-Vaast en Artois.

Georges Le Marchand et Pascal Quesnel ont également été blessés, mais n’y sont pas restés.

Un peu plus tôt, le même jour, le soldat Paul Hervieux (2e Cie) avait été blessé d’un éclat de shrapnell dans la tranchée de la Baraque. Cette fois-ci il s’en sortit… pour aller se faire tuer à Lihons, en février 1916.

Enfin, la veille dans la nuit du 26 au 27, le caporal Auvray (7e Cie) avait été tué par une grenade à fusil (inhumé dans la nécropole de Pontavert, tombe 3793).

Posté par stephan à 22:37 - 2. - Secteur Miette - Choléra - Mont-Doyen - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 avril 2005

Sur les doigts de deux mains...

Un petit air de printemps gâché par une triste mais prévisible nouvelle. Désormais, le dernier carré se compte sur les doigts des deux mains…

ATS, le 27 avril 2005 à 00:16

PARIS - L'un des derniers "poilus" de la Première Guerre mondiale, est décédé lundi à l'âge de 105 ans, a annoncé mardi l'Office national des Anciens combattants. Il ne reste désormais plus que 10 "poilus" encore en vie sur les 8,5 millions de soldats mobilisés.

Né le 2 août 1899, Léon-Alfred Navarre était un tout jeune élève officier quand éclata la guerre. Il a été appelé sous les drapeaux le 20 avril 1918 et incorporé au 21ème régiment d'artillerie d'Angoulême.

Deux mois plus tard, le militaire a été dirigé sur un centre d'instruction avant d'être nommé brigadier en octobre 1918, et de se voir décerner le grade d'aspirant "en témoignage de (son) ardeur au combat". Il avait failli être tué le jour de l'Armistice.

Rappelé dans l'armée active en septembre 1939, en qualité d'interprète-lieutenant, il a été démobilisé en juillet 1940, avant de reprendre sa carrière de professeur d'économie dans le centre de la France, où il a rencontré sa femme Suzanne, qu'il a épousée en 1937.

Le 15 juillet 2004, presque 86 ans après l'armistice de la Première guerre, le préfet du Tarn (sud) a réparé un douloureux oubli, en le faisant chevalier de la Légion d'honneur. Le centenaire n'avait pu prétendre plus tôt à cette distinction, ses papiers ayant été perdus fin 1918 au retour du front, et retrouvés il y a seulement 6 ans.

navarre

Photo parue dans Paris-Match, n°2840 (octobre 2003)

Posté par stephan à 11:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 avril 2005

Le J.M.O. du 74e R.I.

bibjmo



Un des documents clés pour suivre, en détails, le parcours du 74e R.I. durant la guerre est son Journal des Marches et Opérations. Il est consultable au Service Historique de la Défense, à Vincennes, sous deux formes :

-          Les cahiers originaux, à la cote 26 N 660 ;

-          Le microfilm, à la cote 9 M 360.

Le J.M.O. donne, jour après jour, sous une forme brut et impersonnelle, les mouvements du régiment et les opérations auxquelles il a été associé. Ce « livre de bord », de plusieurs centaines de pages, a été tenu de façon constante mais avec une rigueur inégale. Il est d’ailleurs fort probable que certain passages aient été réécris bien après les évènements relatés.

En tout état de cause, des informations relativement importantes en sont absentes comme, par exemple, l’encadrement du régiment à la mobilisation et à des dates ultérieures, comme le prescrivait d’ailleur le règlement… De même, les premières semaines de la guerre (combats de Roselies, de Guise, de Courgivaux et du Thillois) sont rapportées de façon très succincte, alors même que cette période fut extrêmement meurtrière pour le régiment. Les états de pertes sont également négligés pour ces combats.

Heureusement, ce ne sera pas toujours le cas et, à compter de septembre 1915, il semble que le rédacteur (anonyme) se soit imposé davantage de rigueur et de précision à ce niveau.

Au-delà de ces quelques remarques, il reste qu’on ne peut faire l’économie de consulter ce document lorsque l’on s’intéresse de près à un régiment. Les lacunes et insuffisances du J.M.O. peuvent se combler largement par la consultation d’autres archives (j’y reviendrai) ou d’autres textes comme, par exemple, les quelques témoignages laissés par des combattant du régiment (j’y reviendrai également).

A noter que les cahiers originaux des J.M.O. ne sont pas photocopiables et que, pour obtenir copie du J.M.O., il faut passer par son tirage microfilmé.

Posté par stephan à 18:44 - Bibliographie et sources - Commentaires [0] - Permalien [#]

Historique du 74e R.I.

Je commence à remplir la catégorie « Bibliographie et Sources ».

A tout seigneur, tout honneur : un livre incontournable et pourtant bien insuffisant pour connaître l’histoire du 74e R.I. : l’historique régimentaire.

bibhistorique

Il fut publié à une date non précisée, mais très certainement dans l’immédiat après-guerre, par les soins de l’imprimerie L. Wolf, (13-15, rue de la Pie, Rouen)

Je n’en connais pas le rédacteur. Il est cependant à parier que le barde du 74e R.I. ne fut pas de tous les combats du régiment… L’ouvrage fait 55 pages. C’est peu. Pas d’annexe, pas de carte, pas de photo… On est en présence du minimum de ce qui se faisait en matière d’historiques à l’époque. De même, on ne trouve pas de liste des tués du régiment… (Je suis en train d’essayer de la reconstituer… C’est du boulot mais, grâce à l’appoint de nombreux correspondants que je remercie au passage, j’avance ; à ce jour, j’ai retrouvé environ 3200 fiches de soldats du 74e R.I., déclarés Mort pour la France, sur le site « Mémoire des Hommes »).

L’utilité première de ce petit ouvrage est d’y trouver, dans ses grandes lignes, le parcours du 74e R.I., de la mobilisation au 11 novembre 1918. Le style est enflammé à souhait comme le veut la tradition dans ce type de documents. Au-delà de ce glorieux vernis, le récit est rapide, rarement précis, et parfois lacunaire. Relativement peu de noms cités (et trop fréquemment mal orthographiés).

Bref, il faut prendre ce texte pour ce qu’il est : une page à la gloire et au mérite des combattants du 74e R.I. qui ne nous offre, au final, qu’un éphéméride timide des actions auxquelles le régiment a pris part durant la guerre, ornée de belles actions d’éclat.

Heureusement, d’autres ouvrages viennent contribuer – et de belle manière - à mieux connaître le 74e R.I. et ses hommes. Ils feront l’objet de prochains messages que je posterai régulièrement dans la catégorie « Bibliographie et Sources ».

Posté par stephan à 00:52 - Bibliographie et sources - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 avril 2005

Les croix de bois de Pontavert...

croixbois

Un des ouvrages les plus célèbres et les plus lus sur les combattants de la Grande Guerre est sans conteste « Les Croix de Bois » de Rolland Dorgelès. Dans « Bleu Horizon » (autre livre de Dorgelès) l’auteur relate la genèse de son roman. Le hasard veut que ce soit le secteur de Pontavert, que je présente actuellement sur le blog, qui fut à l’origine du titre du roman. Dorgelès s’en explique :

« Puis, un jour que notre régiment remontait aux tranchées - c'était dans l'Aisne, je m'en souviens - une sorte d'apparition m'a bouleversé. Nous nous dirigions vers Pontavert par les champs en friche et les hameaux déserts et, ployé sous le sac, perdu dans la poussière, je regardais ces tombes de soldats dont la route était jalonnée. Toutes pareilles : une bouteille au pied, pour retrouver le nom, et une cocarde au coeur, ainsi que les conscrits.

Plus nous nous approchions des lignes, plus il y en avait. On eût dit que tous les morts de la plaine étaient accourus pour nous souhaiter bonne chance. Ils se pressaient le long du talus, agitant leurs képis, brandissant des feuillages, et j'eus soudain le sentiment que, penchés sur nos rangs, ils y cherchaient déjà ceux qui allaient les rejoindre.

Je n'ai pas frissonné. Je n'ai pas pensé à moi : peut-être croyais-je à ma chance... Mais en regardant d'un côté toutes ces croix dont les mains se joignaient, et de l'autre tous ces jeunes hommes qui portaient au poignet ou au cou leur plaque individuelle pour permettre de reconnaître leur cadavre, j'ai brusquement compris que morts et vivants ne formaient qu'une seule armée sous un unique emblème : des croix de bois.

Mon livre avait trouvé son nom. »

Rolland Dorgelès, in « Bleu Horizon. Pages de la Grande Guerre », Albin Michel, 1949, p. 19.

Note : Après avoir suivi une sommaire instruction au 74e R.I. à Rouen, Rolland Dorgelès fut versé, le 12 septembre 1914, au 39e R.I., régiment qui formait alors la 9e brigade de la 5e D.I. avec le 74e R.I.

Posté par stephan à 11:51 - 2. - Secteur Miette - Choléra - Mont-Doyen - Commentaires [1] - Permalien [#]

20 avril 2005

Les minenwerfers du Choléra...

Depuis le 14 avril 1915, les hommes du 74e R.I. prennent progressivement possession de leur nouveau secteur, dénommé Miette – Choléra. La vie qu’ils mènent ici ne diffère pas tellement de celle qu’ils ont vécue, les mois précédents, dans le secteur Thil – Chauffour. Garde des tranchées et patrouilles…

Une nouveauté cependant à noter que nous relate Charles Toussaint dans ses souvenirs (1) :

« Nous allions aussi faire la détestable connaissance de bombes allemandes que certains nommaient des seaux à charbon alors que d’autres, plus poétiques, les appelaient les femmes saoules en raison de leur comportement aérien. Par chance, on pouvait en suivre le trajet assez court entre le départ et l’arrivée ».

Le capitaine Lanquetot (2), lui aussi, se souvient des minenwerfers du Choléra :

« Malgré les canons-revolvers qui, de la cote 108, prenaient à revers les tranchées de la Miette et du Choléra, malgré les torpilles dont les trajectoires de femme ivres abattaient les dernières frondaisons de bois de la Mine, malgré tout, le séjour dans le secteur de Berry-au-Bac était paradisiaque »

On peut bien sûr s’étonner de cette conclusion, mais il faut la replacer dans son contexte : après Berry-au-Bac, le 74e R.I. allait connaître le hachoir de Neuville-Saint-Vaast… Aussi, les misères de Berry-au-Bac font bien pâle figure à côté de celles qu’allaient endurer Lanquetot et les hommes du 74e dès la fin mai 1915…

(1) Charles Toussaint, « Petites histoires d’un glorieux régiment », Imp. Binesse, 1973, p. 64.

(2) François Chevennes (pseudonyme de Jacques Lanquetot), « Un capitaine de vingt ans », G. de Gigord Editeur, 1935, p. 108.

Posté par stephan à 16:49 - 2. - Secteur Miette - Choléra - Mont-Doyen - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 avril 2005

Arrivée dans un nouveau secteur...

A partir du 11 avril 1915, le 74e R.I., quittant la Division Provisoire Tassin, rejoint la 5e D.I. et effectue un glissement de quelques kilomètres vers le nord, le long de la R.N. 44, en vue d'occuper le nouveau secteur qui lui est attribué.

Extrait du J.M.O.

12 AVRIL 1915

Dans la soirée du 11, vers 16 h. 50, une dizaine d’obus de 150 sont tombés sur le bois de Chauffour, près de la Route 44. Un homme du 74e R.I. a été grièvement blessé à la cuisse par un éclat.  Nuit calme sur tout le front du secteur du Centre.

La matinée s’est passée sans incident.

Par ordre de M. le général commandant le 3e C.A., le 74e R.I. est relevé dans le secteur de Thil par le 45e R.I. et rejoint la 5e D.I. En vertu d’ordres de M. le général commandant la 5e D.I., le 74e R.I. va occuper le secteur Miette – Choléra. Le mouvement doit avoir lieu en trois jours, à raison d’un bataillon par jour.

En exécution de ces ordres, le 3e bataillon, qui occupait le secteur des Carrières, a été relevé le 11 avril au soir par un bataillon du 45e R.I. et est allé cantonner à Prouilly.

13 AVRIL 1915

Le 3e bataillon a cantonné hier à Bouffignereux et se rend ce soir dans le sous-secteur de la Miette.

Le 2e bataillon a quitté Chauffour hier et cantonnera ce soir à Bouffignereux.

Le 1er bataillon quitte de secteur du Cantonnier ce soir, avec la C.H.R., et se rend à Prouilly pour y cantonner.

pontavert01

Posté par stephan à 14:10 - 2. - Secteur Miette - Choléra - Mont-Doyen - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 avril 2005

Avant de quitter le secteur du Centre (2)

Au moment où le 74e R.I. va quitter définitivement le secteur du Centre Thil – Chauffour, et avant de relater ce que fut la suite de son parcours, il n’est pas inutile de dresser un rapide bilan des sept mois qu’il vient de passer au nord de Reims.

Après les violents combats de Thillois suivis pas ceux de Loivre et Brimont, qui marquèrent la fin de la poursuite initiée par la bataille de la Marne (engagement de Courgivaux), allemands et français de la 5e D.I. se font face de part et d’autre de la Route Nationale 44. A la fin septembre, cette ligne de front est incontestablement figée. De la guerre de mouvement on glisse vers une guerre de position. La pluie de l’automne 1914, rougie du sang des hommes, va s’écouler dans les premières tranchées…

Au prix de travaux considérables et épuisants, le terrain est progressivement organisé défensivement par les combattants-terrassiers du 74e épaulés par des détachements du 3e Génie et les territoriaux des 75e et 78e R.I.T. De longs rapports et croquis, conservés au S.H.D., témoignent en détail de ces travaux. Aujourd’hui encore subsistent quelques traces de cette organisation. Je posterai quelques photos ultérieurement.

Durant l’automne et l’hiver, la vie des combattants du 74e R.I. sera rythmée par la garde des tranchées, face à l’ennemi, les patrouilles nocturnes quotidiennes, les corvées et la continuation des travaux de terrassement et d’organisation du secteur du Centre. Les bataillons du régiment se relèvent entre eux : les périodes en première ligne alternent donc avec des périodes de repos ou semi-repos que les hommes passent dans les petits villages de Thil, Pouillon, Saint-Thierry… avec quelques échappées à Reims.

Beaucoup de combattants du 74e R.I. perdront la vie dans ce secteur, bien davantage y seront blessés. Les 15 derniers jours de septembre furent les plus meurtriers : attaques et contre-attaques réitérées firent plus de 300 morts au 74e.

Du mois d’octobre 1914 au mois d’avril 1915, le secteur, nettement plus calme, ne fut troublé par aucune opération d’envergure. Pour cette période, j’ai néanmoins relevé (à ce jour) une centaine de tués. Ces pertes furent causées majoritairement par les bombardements quasi quotidiens frappant tant les premières lignes que les villages de cantonnement. Des accrochages de patrouilles se soldèrent également par la mort de plusieurs soldats. A déplorer aussi quelques morts « marginales » : un suicide, un fusillé, quelques accidents ou erreurs de tirs…

Enfin, et pour terminer sur une note plus humaniste, ce fut dans ce secteur que, la nuit de Noël 1914, des soldats du 74e fraternisèrent quelques heures avec les allemands qui leur faisaient face... J’ai déjà évoqué brièvement cet épisode sur le blog.

thileglise


Ruines de l'église de Thil, in La Guerre Documentée.

Posté par stephan à 16:33 - 1. - Secteur Thil - Chauffour - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 avril 2005

Devant Douaumont...

Il y a 89 ans, le 74e R.I. se trouvait engagé au bois de la Caillette, sous le fort de Douaumont. Pour marquer le coup, avant d’y revenir bien plus longuement à l’avenir, voici une photo que j’ai prise devant le fort, jeudi soir dernier.

Je dédie ce message à ma grand-mère Juliette, née en 1913 en Lorraine annexée, terre où elle repose désormais pour toujours depuis ce même jeudi.

dou01

Posté par stephan à 22:17 - Commentaires [1] - Permalien [#]

03 avril 2005

Avant de quitter le secteur du Centre (1)

Pour clore – bien que j’y reviendrai sans doute ultérieurement – la chronique de la vie du 74e R.I. dans le secteur Thil – Chauffour, et avant de suivre le régiment dans son prochain secteur, voici les noms des derniers combattants du régiment décédés en ces lieux que j’ai pu relever à ce jour :

Bonvoisin, Joseph, né en 1888, tué le 20 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Sillery.

bonvoisin

Thieuleux, Julien, né en 1891, tué le 20 mars 1915, sergent, inhumé dans la nécropole de Sillery.

thieullent

Duboc, Albert, né en 1893, décédé le 29 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Cormicy.

duboc

Lavenas, Albert, né en 1893, décédé le 29 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Cormicy.

lavenas1

Zaiss, Louis, né en 1886, décédé le 29 mars 1915, inhumé dans la nécropole de Cormicy.

zaiss

Basille, Louis, né en 1887, décédé le 30 mars 1915.

Motte, Louis, né en 1889, décédé le 30 mars 1915, 4e Cie.

Latourte, Auguste, né en 1881, décédé le 1er avril 1915, 1ère Cie.

Gressent, Narcisse, né en 1883, décédé le 7 avril 1915.

Loin de là, à Rouen, Savreux, Maxime, né en 1889, décédait le 25 mars 1915 des suites d’une maladie.

Pour cette période, le  J.M.O. du régiment décrit un secteur relativement calme, troublé de temps à autres par des fusillades et des bombardements qui, on le voit, continuent à faire régulièrement des victimes dans les rangs du 74e R.I.

Voici la dernière journée que le régiment passa dans le secteur du Centre telle que la relate le J.M.O. :

11 AVRIL 1915

Dans la soirée du 10, quelques shrapnells de 77 ont éclaté sur le bois de Chauffour. En lançant une grenade sur les tranchées ennemies, un sous-lieutenant (M. Ruffier) et un sergent (Brasseur, de la 6e Cie) ont été blessés par l’éclatement prématuré de cette dernière.

Nuit calme sur tout le front du secteur de Centre. Toutefois, des bruits de voitures et d’automobiles ont été entendus toute la nuit jusqu’à 4 heures du matin.

Pendant la nuit, deux reconnaissances commandées chacune par un sergent ont été dirigées en avant du secteur. Ci-joint le rapport auquel elles ont donné lieu.

La matinée s’est passée sans incident.

Dans la soirée du 11, vers 16 h. 50, une dizaine d’obus de 150 sont tombés sur le bois de Chauffour, près de la Route Nationale. Un homme du 74e R.I. a été grièvement blessé à la cuisse par un éclat.

Posté par stephan à 15:17 - 1. - Secteur Thil - Chauffour - Commentaires [0] - Permalien [#]



« Accueil  1