BLEU HORIZON - 74e R.I.

Un régiment normand dans la Grande Guerre

23 mai 2005

Arrivée en Artois...

Voilà, le 74e R.I. quitte définitivement cette Route Nationale 44. Les allemands d’un côté, les français de l’autre : huit mois de face à face et rien n’a changé depuis la stabilisation du front ; cela restera figé encore longtemps… Bilan humain inhumain : 450 tués au moins, et des centaines de blessés au 74e…

Et le pire reste à venir…

Depuis quelques jours, le commandement français a déclenché une vaste offensive en Artois… La 5e D.I. y est conviée…

Je reprends la lecture du J.M.O.

22 mai 1915 : Le régiment s’est embarqué à la gare de Muizon aux heures prescrites par l’ordre du général commandant la 5e D.I. Le voyage s’est effectué sans incident. Les débarquements ont eu lieu aux gares de :

Doullens : E.-M., 1er et 3e bataillons, C.H.R., et Cie de mitrailleuses ;

Frévent : 2e bataillon.

Par suite du retard dans l’arrivée des trains aux gares précédentes, le dernier élément du régiment n’est arrivé que ce matin à 8 heures au cantonnement. Le Régiment en entier est installé à Le Souich.

23 mai 1915 : Le régiment reste cantonné à Le Souich. Chaque bataillon, dans son cantonnement respectif, procède au nettoyage des armes et des effets dans la matinée. Dans l’après-midi, des exercices avec application du service en campagne ont été faits aux environs des cantonnements.

Posté par stephan à 21:31 - 3. - Le Labyrinthe - Commentaires [0] - Permalien [#]

Fin de secteur...

Depuis les combats évoqués dans mes précédents messages, le régiment est resté dans le secteur. Le 16 au soir, et dans la nuit du 16 au 17, les allemands ont prononcé plusieurs attaques sur le Bois de la Mine tenu notamment par des hommes du 148e R.I. Les unités du 74e qui étaient en ligne au Mont-Doyen subirent les conséquences de ces bombardements répétitifs. Quatre soldats, un sous-officier et un officier furent tués. Un officier et 18 soldats furent blessés.

L’officier qui perdit la vie avait été déjà blessé légèrement le 13, mais n’avait pas voulu être évacué : il s’agit du lieutenant More, de la 2e Cie du 74e R.I. Dans la nuit du 16 au 17, il fut frappé à la tête par un éclat d’obus.

Avant guerre, Georges More, employé comme dessinateur à l’Hôtel de Ville, arpentait le vieux Rouen, écrivait, peignait… Tout cela ne demandait qu’à mûrir et à s’épanouir… Son nom sera gravé en 1927, avec ceux de 560 écrivains « Morts pour la France », sur le marbre du Panthéon à Paris. On trouve une notice nécrologique, rédigée par son ami Maurice d’Hartoy, dans le tome premier de l’Anthologie des Ecrivains Morts à la Guerre, Editions Malfère, 1924 (pour ce volume) lui rendant hommage. Georges More n’eut le temps de laisser que très peu d’écrits publiés derrière lui…

Ainsi vont les choses et le monde… et le 74e R.I., en cette fin mai 1915, suit son chemin de braises…

Posté par stephan à 19:14 - 2. - Secteur Miette - Choléra - Mont-Doyen - Commentaires [0] - Permalien [#]



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