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JMO pour la date du 27 mai

L’artillerie ennemie a tiré toute la nuit sur le sous-secteur.

A 2 h. 30, les allemands ont attaqué sur tout le front du sous-secteur. Le tir de barrage, demandé aussitôt a été déclenché immédiatement. Vers 3 heures, la fusillade a beaucoup diminué d’intensité ; par contre, la canonnade a continué jusqu’à 3 h. 20, heure à laquelle tout est rentré dans un calme relatif. La fusillade a été vive surtout dans le village de Neuville-Saint-Vaast et la partie droite du bataillon AUBRY. Le front du sous-secteur est resté intact.

Pendant la journée, l’artillerie ennemie a tiré continuellement sur les tranchées du sous-secteur et sur Neuville-Saint-Vaast. Le bombardement a été particulièrement violent vers 10 h. 30 et vers 15 heures.

Pertes de la journée :

3 sous-officiers et 3 hommes tués ;
2 sous-officiers et 14 hommes blessés.

Parmi ces hommes, je veux plus précisément rappeler le souvenir de deux d’entre eux.

DANTAN Hector, 31 ans, originaire d’Oissel, soldat
DANTAN Octave, 28 ans, originaire d’Oissel, sergent

Ce 27 mai, ils se trouvaient tous les deux dans le même abri. On veut imaginer le réconfort et la force qu’ils puisaient l’un dans l’autre à se rapprocher ainsi sous le bombardement. Quelles furent leurs dernières paroles ? Ont-ils eut seulement le temps de se porter un dernier regard, de se dire adieu ? Ont-ils entendu l’arrivée de l’obus qui tomba en plein sur leur abri, les tuant et les ensevelissant par la même occasion ?

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L'abri dans lequel les deux frères furent tués - Leur tombe.

Je ne veux même pas imaginer l’effroi de la famille, à Oissel, lorsqu’elle apprit, quelques temps plus tard, la mort simultanée de deux des siens… Je ne sais malheureusement rien de plus sur eux. Etaient-ils mariés ? Avaient-ils des enfants ? Qui les a pleurés ? Combien de temps…

Aujourd’hui, il est fort possible que pas un être humain sur terre ne pense à ces deux jeunes hommes du siècle dernier. Alors, je suis fier d’évoquer ici leur mémoire – même brièvement – et satisfait que d’autres liront leurs noms et connaîtront la fin tragique de ses deux frères…

Leurs corps reposèrent temporairement sous un une seule croix de bois au cimetière de Mareuil…

Je remercie Alain CHAUPIN pour la carte postale ci-dessus.