11 juillet 2005
Les combats du Labyrinthe - 5
Bonjour à ceux qui parcourent cette page de temps à autres (si ! si ! il y en a !!). Après plusieurs semaines durant lesquelles il ne m'a pas été possible de continuer à "alimenter" la page, je reviens ... avant de repartir, les vacances pointant leur nez à l'horizon... J'espère cependant pouvoir déposer quelques messages avant de ficeler le baluchon.
Je commence par reprendre la chronique des combats du Labyrinthe que j'avais laissée en suspens avec ce large extrait du J.M.O. du 74e R.I. :
5 JUIN 1915
La nuit du 4 au 5 et la journée du 5 ont été marquées par un bombardement d’une extrême violence occasionnant des pertes très sensibles.
À 15 h. 30, en exécution de l’ordre du général commandant la 53e D.I., le 74e R.I. a attaqué par les boyaux B4, B5 et B6. Objectif : boyau d’Eulembourg.
Dans le boyau B6, la progression a été sensible. En B4 et en B5, malgré une lutte très vive, nous sommes restés stationnaires.
Pertes :
- Capitaine SIMON (commandant la 7e Cie), tué.
- Lieutenant WAGNER (commandant le 9e Cie), tué.
- Lieutenant MANSUY (commandant la 12e Cie), tué.
- Sous-lieutenant ISARD (Cie de mitrailleuses), blessé.
- Sous-lieutenant HENRY (9e Cie), blessé.
- Capitaine LEFEBVRE-DIBON (commandant la 10e Cie), blessé.
- 13 sous-officiers et 124 caporaux et soldats ont été tués.
- 26 sous-officiers et 310 caporaux et soldats ont été blessés.
6 JUIN 1915
Continuation de la lutte dans les boyaux B4, B5 et B6. La progression continue en B6. En B4 et B5 la situation reste inchangée.
B5 et B6 sont reliés par un mauvais boyau qui a été aménagé et qui doit servir de nouvelle parallèle à environ 150-200 mètres du boyau d’Eulembourg. En outre, l’avenue Claudot a été reliée à B6 ; restent 50 mètres à exécuter pour activer cette liaison. Très violent bombardement de la zone occupée par le régiment entre 17 et 19 heures.
7 JUIN 1915
Dans la nuit, achèvement de la tranchée reliant l’avenue Claudot avec B6. En outre, les boyaux A4, A5 et A6, complètement bouleversés par l’artillerie, sont remis en état.
À 4 heures, l’ennemi contre-attaque. Lutte très vive aux têtes de sapes avec des alternatives de gains et de pertes. Les éléments du 3e bataillon, très affaiblis, sont relevés par deux compagnies du 2e bataillon.
Dans le boyau de Bade (que l’on avait pris par erreur pour B6) on progresse également sur B6 et B4 à la sape.
Pertes :
- 1 sous-officier et 39 caporaux et soldats blessés.
8 JUIN 1915
Dans la nuit du 7 au 8, amélioration de A4, A5, A6 et Z5. Toute la journée, la lutte continue à la tête de B5. L’ennemi qui attaquait l’entrée du boyau du Bade a été repoussé. Deux mitrailleuses du 224e R.I. viennent renforcer le front ; l’une en B4 et l’autre entre l’avenue Claudot et B6.
Pertes :
Tués (officiers)
- Sous-lieutenant LORNE.
- Sous-lieutenant GREBOVAL.
- Sous-lieutenant LE GOËVEC.
- Sous-lieutenant LE TREMBLE.
Blessés (officiers)
- Lieutenant PEYRIERES.
- Sous-lieutenant VAN HAVERE.
- Sous-lieutenant LAURAS.
- Sous-lieutenant CHAPRON.
- Lieutenant PIETRINI.
- Lieutenant BOULE.
- 17 sous-officiers et 114 caporaux et soldats tués.
- 32 sous-officiers et 221 caporaux et soldats blessés.
9 JUIN 1915
Dans la nuit du 8 au 9, commencement de la tranchée devant rejoindre le 69e au boyau de Bade (fait 100 mètres environs). Aménagement du chemin creux. Réfection des boyaux et tranchées A4, A5, A6 .
Pression par l’ennemi pendant toute la journée sur les deux têtes de sapes ; combat à la grenade. Nous nous maintenons sur nos positions.
Pertes :
- Sous-lieutenant GUASTALLA, tué.
- Sous-lieutenant FUZIBET, blessé.
- 2 sous-officiers et 13 caporaux et soldats tués.
- 3 sous-officiers et 49 caporaux et soldats blessés.
10 JUIN 1915
À 1 heure du matin, attaque violente de B5. Nous progressons de quelques mètres, mais nous ne réussissons pas à déloger l’ennemi de la barricade. Sur le boyau de Bade, nous dépassons le point B, et établissons une barricade au-delà de ce carrefour. Dans la matinée, la luette continue aux têtes de sapes. On prépare des gradins de franchissement dans les boyaux d’où doit déboucher une attaque de vive force à 21 heures.
À 21 heures, et suivant les ordres du général commandant la 53e D.I., le boyau d’Eulembourg est attaqué comme suit :
- par deux compagnies du 1er bataillon partant de la parallèle du boyau de Bade et prenant comme objectif le front C – K – P (deux escouades du génie se joignant à cette attaque) ;
- par trois sections du 2e bataillon qui prennent comme objectif le front D – F – E (deux sections à gauche, une section à droite de la sape B5) ;
- liaison suivant B6 entre les éléments des deux bataillons.
A gauche : une première vague de deux pelotons se porte sur l’objectif assigné. Le peloton de gauche se heurte à des fils de fer, puis oblique à droite et subit des pertes sérieuses. A gauche, une quarantaine d’hommes réussit à sauter dans le boyau d’Ulm (parallèle et à environ 100 mètres du boyau d’Eulembourg).
La deuxième vague ne déboucha qu’à 23 h. 30, n’appuyant pas efficacement la première (retard dû à la difficulté de se placer dans le boyau de Bade qui est très étroit. D’autre part, étant donné la nuit très noire et la pluie battante, des erreurs de direction se produisirent et presque toute cette deuxième vague se bloqua dans le boyau B6.
A droite : les éléments du 2e bataillon sont arrêtés par les fils de fer, non loin du boyau d’Ulm et, su-bissant de grosses pertes, durent rétrograder. Au petit jour, nous avions dans le boyau d’Ulm, aux environs du point F, une soixantaine d’hommes ; mais, sous la pression des renforts allemands venus par B2 et B3, ces hommes, après une résistance acharnée et des pertes considérables, furent réduits à rétrograder sur B6.
En B5, nous avions enlevé la barricade allemande et progressé de plus de 50 mètres.
Toutefois, l’opération ayant pour but d’enlever le boyau d’Eulemberg n‘avait pas réussi.
Pertes :
- Lieutenant LEBLANC, tué.
- Capitaine LIBEROS, blessé.
- Lieutenant LANQUETOT, blessé.
- Lieutenant TESTUT, blessé.
- Lieutenant PRENEZ, blessé.
- 7 sous-officiers et 29 caporaux et soldats tués.
- 10 sous-officiers et 115 caporaux et soldats blessés.
11 JUIN 1915
Violent bombardement dès l’aurore et qui dura toute la journée. L’ennemi toujours mordant sur B5 et B6. Nous tenons ferme tout le jour et nous progressons même d’une vingtaine de mètres en B6.
Le soir, le régiment a été relevé par le 205e R.I. ; la relève s’est terminée le 12 juin au jour.
Commentaires
Perte homme du 7 Juin 1915
Bonjour,
Apres des recherches, un de mes aieuls :
Ferdinand Felix Boutigny était soldat du 74e RI et a été tué à l'ennemi ce jour du 7 juin 1915? Est il présent dans vos listes à cette date ?
De quelles informations disposez vous pour cette période et est il possible de recevoir un historique si vous en possédez un ?
Avec mes remerciements cordiaux.
Eric

