25 mai 2007
Charles Roussel - 03
28 septembre 1915. Neuville-Saint-Vaast. Charles Roussel est à l'honneur dans l'historique du 74e R.I. :
**Le capitaine Bourdin, blessé, tombe. "Laissez-moi, crie-t-il. En avant ! Vive la France !"
Le lieutenant Roussel, de la 3e Cie, prend le commandement ses deux compagnies (1ère et 3e Cies) en chantant la Marseillaise. La garde, impressionnée recule, la tranchée est occupée par les 40 hommes qui restent encore.**
Dans ses Souvenirs, Charles Roussel revient sur cette journée :
**[...] Notre commandant, après avoir fait partir ces deux fusées, nous embrassa, le capitaine et moi, et nous souhaita bonne chance et courage. Notre commandant, devant le calme de ses poilus, était tellement ému qu’il en pleurait.
Nous sommes sortis tous ensemble, d’un seul bond ; nous avons rampé jusqu’à 60-70 mètres de la tranchée boche, distance à laquelle un petit poste boche qui se trouvait sur notre droite nous arrêté et nous tira dessus. Sonneur, de ma section, qui se trouvait à côté de moi, à gauche, était gravement touché (depuis, plus de nouvelles de lui). Nous voyant découverts, le capitaine donnait l’ordre de charger à la baïonnette et, lui-même, se porta en tête en criant de toutes ses forces, ainsi que nous : « En avant ! » Le capitaine avait à peine parcouru 10-15 mètres qu’il était gravement touché à la jambe et au bras. C’est alors que je pris le commandement de la compagnie et que je ralliai autour de moi les hommes, en chantant la Marseillaise, reprise en chœur par tout le monde. Aussitôt dans la tranchée, j’organisai une barricade, fis établir des créneaux, puis améliorer et creuser la tranchée.**
Le lendemain, 29 septembre :
***Latourte, deux poignets arrachés, une balle au ventre, et Papillon, deux jambes brisées, étaient restés blessés dans un trou d’obus. Je donnai ma parole à Papillon de retourner le chercher et, dans l’après-midi du 29, je demandais des volontaires pour aller le relever. Piat tué depuis, Doucet blessé depuis, Leroux tué à Verdun en avril 1916, caporal, 2e section, se présentèrent comme volontaires et nous retournâmes chercher Papillon au prix de nombreux efforts et sous un feu violent de fusils et de grenades.
Ceci fait, je retournais dans la plaine chercher les hommes valides restés dans les trous d’obus et, quand je fus certain que tout le monde était là, je rendis compte à notre commandant qui me félicité et m’informa qu’il me ferait citer.***
Et la citation promise fut au rendez-vous :

Voici la tombe de Pascal Papillon blessé au cours de ces combats, et que Charles Roussel et ses camarades Piat, Doucet et Leroux (tous trois tués par la suite) étaient venus rechercher au péril de leur vie, comme le lieutenant le lui avait promis. Malheureusement, Pascal Papillon décèdera des suites de ses blessures, le 23 octobre 1915 au Val de Grâce, à Paris. Il repose aujourd'hui dans le carré militaire du cimetière d'Ivry. Charles Roussel l'a-t-il jamais su ? ...

La 3e Cie du 74e R.I. perdit 110 hommes au cours de ces combats...

