Dimanche 2 août 1914

Je sors. Je parcours la ville. A 3 heures après midi, Maman arrive. Emotion. Nous restons ensemble deux heures, ne sachant quoi nous dire ; nous sentons que seul le silence convient à nos sentiments graves. Elle me donne deux pièces de vingt francs en or, et une boîte de sardines pour mettre dans mon sac. Elle repart. Ensemble, nous allons à la gare. Tout au long du chemin, je rencontre des femmes en pleurs. Je vais chercher du tabac ; la buraliste refuse mon argent et me dit, les dents serrées : « Oh ! Tapez dessus, tapez dessus qu’il n’en reste plus un ».

Pauvre Maman ! Elle n’était pas sincère en me disant sa confiance !

Haquin, le sous-chef de musique, a fait affilé son sabre, couper ses cheveux ras et jure en alsacien. Il veut partir tout de suite et « tuer du boche » qu’il dit.

(Extrait du carnet de route de P. Mayer, musicien brancardier, C.H.R. du 74e R.I.)

4CIE1914


Quelques hommes de la 4e Cie. Photo prise en avril 1914. Combien en reviendront ?...