20 juin 2009
Fête de la Musique...
Cette note fait partie d’une expérience de billets croisés, tentée avec d'autres blogs qui évoquent les régiments de la Première Guerre, et du 3e Corps d'Armée en particulier : le 28e R.I., le 36e R.I. et le 119e R.I. À l'occasion de la fête de la musique, célébrée ce jour partout en France, chacun de ces sites aborde le thème de la musique, sous des angles différents et avec des approches particulières. Bonne lecture, bon surf, et dites-nous ce que vous en pensez. La section commentaires vous reste ouverte.

Le 12 juin 1916, à Condé-en-Brie, les musiques réunies des 36e, 74e et 129e R.I. jouent, pour la première fois, la "Marche Héroïque de la 5e Division", oeuvre glorifiant la vaillance des poilus de Mangin à Neuville-Saint-Vaast puis à Douaumont. Composée par André Caplet, musicien affecté au 129e R.I., cette marche ne sera jouée que quelques fois durant la guerre, et connaîtra quelques enregistrements après guerre.

Il en est ainsi... à la guerre on se tue, puis on chante un couplet... puis on se tue... et on entonne un nouveau couplet... et on se tue...
Mais ils sont nombreux à n'avoir pas chanté tous les couplets.
En voici quelques-uns de ces "gars de Neuville-Saint-Vaast", en tas, en vrac, dégringolés comme les notes d'une portée soufflée, secouée par l'Arès déchaîné des plaines d'Artois...

Pour écouter la "Marche Héroïque de la 5e D.I., rendez-vous sur Deezer :
http://www.deezer.com/track/2650436
13 juin 2009
"Amagne-Lucquy, terminus ! Tout l'monde descend..."

6 août 1914. Le régiment débarque dans les Ardennes, suivant les dispositions établies par le plan de concentration des armées françaises mobilisées. Les trois échelons successifs du 74e prennent contact avec la guerre sur les quais d'Amagne-Lucquy. Direction : la frontière...
01 juin 2009
La Victoire...

Août 1914 : 3500 hommes quittent Rouen formant les rangs du 74e R.I....
Novembre 1918 : 3500 combattants du 74e R.I. ne reviendront jamais du grand charnier ...
Parmi ces quelques hommes de la 11e Cie photographiés en 1915, combien verront le Monument de la Victoire érigé à Rouen après le carnage ?
04 septembre 2005
Août 2005 - Un monument du 74e R.I. !
On déplore souvent, et à juste titre, l'oubli dans lequel sombrent les monuments ou stèles commémorant la geste de la Grande Guerre. Beaucoup sont irrémédiablement délabrés, partiellement illisibles... Cet abandon, injustifiable - bien que l'on opposera toujours quelques raisons fumeuses afin de ne surtout pas bouger le petit doigt et cela avec la meilleure conscience - bref, cet abandon ne doit cependant pas faire écran aux initiatives de bonne volonté. Et il y en a encore ! Heureusement.
C'est ainsi que, 91 ans après l'engagement du 74e R.I. à Roselies, en Belgique sur la Sambre, nous avons assisté, le 21 août dernier, avec émotion et satisfaction, à l'inauguration d'un monument commémorant le rôle du 74e R.I. dans ce que l'on appelle génériquement la bataille de Charleroi. Ce fut le premier engagement du régiment ; plus de 230 morts, et au moins 700 blessés et prisonniers... Je reviendrai un jour plus en détail sur ce premier combat.
Le monument est situé sur la Place du 74e R.I., à Roselies. Beaucoup de monde lors de la cérémonie - délégations belge et française. J'ai eu le plaisir d'y retrouver quelques amis qui, via internet, m'ont énormément aidé dans mes recherches sur ces combats d'août 1914. Accueil chaleureux et généreux (encore bravo à la mère d'Augustin pour son excellent lapin aux échalottes, pruneaux et raisins !!! ;-)))
Je suis resté deux jours là-bas afin de découvrir et de m'imprégner de ces lieux que je ne connaissais qu'à travers les récits et documents que j'avais eu l'occasion d'étudier. Un autre point fort de mon séjour fut la cérémonie organisée le lendemain, dimanche, à la nécropole de la Belle-Motte... Grosse émotion !
Je notais, au retour, dans un carnet :
" Barier Marcel, Bazire Gustave, Bellemer Ernest... les noms tombent, les uns après les autres. La Philharmonique Royale Sainte-Marie charge l'air déjà brouillé de cette matinée maussade de notes lentes et basses. Le glas, là-dessus, vient poser ses coups de grâce, implaccable.
...Gaillard Charles, Gelienne Louis, Grout Victor... La petite assemblée des vivants est figée. Seul, le prêtre arpente les allées du cimetière, abattant régulièrement son encensoir d'un mouvement ferme. Recueilli, il bénit les croix... Il y en a plus de 1000... Alors, il ne fait pas dans le détail ; il avance d'un pas décidé mais ne parvient cependant pas à terminer son office avant la fin de la litanie... Schwab Albert, Vattier-Descours Arthur, Verger Edouart...
...Werhlin Henri.
Voilà, c'est fini. Une quarantaine de noms qui me sont familiers viennent de froisser l'air. Je suis troublé d'entendre ces noms prononcés par d'autres que moi ; et je suis heureux que d'autres que moi les entendent. Au moins une fois. Le prêtre termine sa bénédiction et maintenant, l'air, débarassé du glas et de la musique, devient limpide, s'allège. Il y a même quelques rayons de soleil qui tentent de venir jusqu'à nous ourlant d'or les arêtes des croix . Mais, c'est certain, la journée restera pourrie et ces rayons n'auront pas la force de s'imposer. Peu importe. L'important, c'est d'être là, dans ce cimetiètre, au milieu des 1182 tombes et face à ces deux ossuaires renfermant les ossements de près de 3000 hommes.
La Nécropole de la Belle-Motte, sur la Sambre. Les gars du 74e ne sont pas seuls ici ; d'autres, des 1er, 3e et 10e Corps d'armée sont là. Certains - on aurait envie de dire : les chanceux ! mais on n'ose pas, tout de même - ont une tombe. On peut leur faire face, s'incliner devant leur pauvre croix, lire leur nom, regarder si le sol autour d'eux est propre, ferme ; on peut s'entretenir en tête à tête : "Toi, je te connais un peu... L'historique de ton régiment m'a dit comment cela c'est terminé : mal, mais en beauté. Oui, il faut que tu saches que dans les historiques la mort des pauvres bougres comme toi est toujours nimbée de gloire - elle est belle et utile... Toi, sans doute, apporterais-tu quelques nuances et l'as-tu ressenti autrement... Il y eut de la peur, du feu, du bruit, de l'acier qui fendait l'air, une belle pagaïe dans les rues de Roselies, la panique, les cris, le sang, la douleur, la mort..."
Augustin et Alex me tirent de ma rêverie. On va aller photographier toutes les tombes des gars du 74e. Car, les "chanceux" ont même l'honneur de se faire tirer le portrait en ce mois d'août 2005. Pour les autres, les 2875 qui sont rassemblés dans les deux ossuaires, il faudra se contenter de photo de groupe... "
20 juin 2005
Une pause...
Blog en panne !
Désolé pour cette page qui n'évolue pas, mais, définitivement, mon boulot ne me laisse pas le temps, depuis plusieurs jours, de poursuivre cette relation - même s'il elle ne se veut que très sommaire - de l'engagement du 74e R.I. au Labyrinthe. J'espère pouvoir, d'ici peu, reprendre le fil des évènements, rétroactivement.
En attendant, et pour me faire pardonner ;-)) un lien sur un monument érigé à la mémoire de la 53e D.I. Il n'y est malheureusement pas question du 74e R.I., car ce régiment, s'il y fut temporairement rattaché à l'occasion de ces combats, n'appartenait pas organiquement à cette division.
Bonne lecture !
03 mai 2005
Le Poilu du Vitrail...
Petite balade du côté de Thil aujourd’hui… J’en ramène cette photo d’un des vitraux de l’église du village reconstruite après-guerre. J’ai d’ailleurs appris, par une habitante, que ce sont des maçons creusois qui ont « relevé » le village de ses ruines…
04 avril 2005
Devant Douaumont...
Il y a 89 ans, le 74e R.I. se trouvait engagé au bois de la Caillette, sous le fort de Douaumont. Pour marquer le coup, avant d’y revenir bien plus longuement à l’avenir, voici une photo que j’ai prise devant le fort, jeudi soir dernier.
Je dédie ce message à ma grand-mère Juliette, née en 1913 en Lorraine annexée, terre où elle repose désormais pour toujours depuis ce même jeudi.
21 février 2005
21 février 1916 : Verdun
J'ai forcément, en ce 21 février, une pensée pour tous ces hommes qui se sont retrouvés sous le terrible bombardement allemand qui débuta au matin de cette journée, il y a aujourd'hui 89 ans. La bataille de Verdun commençait… Allemands et français allaient s'affronter durant des mois, dans une lutte aux proportions inimaginables… Depuis, la terre de Verdun ne cesse de recracher la ferraille dont elle fut farcie et de vomir les corps dont elle fut le misérable linceul…
Le 74e R.I. allait, lui aussi et à son heure, se faire happer par cette fournaise, se faire broyer, dissoudre dans cet enfer en perpétuelle ébullition. J'y reviendrai…
Il faut aller à Verdun. Partout à Verdun. Dans les bois. Dans les ravins. Dans les ruines de forts (Douaumont sera celui pour lequel les hommes du 74e auront gagné croix de guerre ou croix de bois). Mais il faut surtout aller à l'Ossuaire : il faut regarder les restes misérables du sacrifice : clavicules, tibias, cotes, phalanges, crânes défoncés, sternums brisés, humérus… Il faut regarder cela en face ; il faut tout regarder et ne pas s'arrêter en chemin. Ensuite, il faut lire les noms gravés dans la pierre de l'ossuaire, tous les noms. Vous y retrouverez, parmi tant d'autres, quelques-uns de ces hommes du 74e… Vous y retrouverez les noms de jeunes gens de 17 ans, 18 ans, 19 ans… Ceux que l'on appelle les poilus, avaient 20 ans… Un fort contingent de la classe 16 (il avaient donc 20 ans), arrivé tout juste en renfort au 74e R.I. subit, à Verdun, son baptême du feu. Pour bon nombre d'entre eux, ce baptême eut davantage le goût désagréable de l'extrême onction…
10 février 2005
Ossuaire II de Cormicy
Pour faire suite à mon précédent message, voici la plaque relevant les noms de quelques-uns des 3502 soldats inhumés dans l’ossuaire 2 de la nécropole de Cormicy. 13 parmi ceux-ci sont du 74e R.I. J’établirai, ultérieurement, la liste de tous les hommes du 74e R.I. reposant dans cette nécropole en sépulture individuelle.

08 février 2005
Ossuaire I de Cormicy
Dans la Nécropole de Cormicy, située au nord de Reims sur la RN 44, se trouvent, entre les quelques 7500 tombes, deux ossuaires regroupant les restes de plus de près de 7000 hommes. Quelques centaines noms seulement sont gravés sur ces deux ossuaires…
Voici la plaque de l'ossuaire 1 ; j'y ai souligné les noms des hommes du 74e R.I. qui y figurent.

Ces treize hommes ont tous été tués entre les 12 et 14 septembre 1914, lors des violents combats qui précédèrent la stabilisation du front.
Je ferai la même chose dans quelques jours pour l'ossuaire 2.
Quelques infos supplémentaires sur cette nécropole ici.
P.S. Euh... j'ai souligné sur la photo, pas directement sur l'ossuaire !!!! ;-)



