Extrait du J.M.O. du 74e R.I.

« […] Au signal donné, les vagues partent à l’attaque dans un superbe élan.

A peine arrivées sur la crête aux vues de l’ennemi, elles sont prises à partie par le canon, par des feux d’infanterie et par des mitrailleuses. Malgré tous ces obstacles, la progression continue. Vers 8 heures, la première vague du bataillon de gauche atteint la tranchée des Chasseurs occupée par quelques fractions ennemies qui se retirent vers Douaumont par le ravin de la Caillette.

A droite, la progression est plus lente ; la 6e Cie atteint la tranchée Baur et se met en liaison avec la 279e R.I. dans la tranchée d’Hauteville. Les autres compagnies, dans la tranchée Poujal.

Le bombardement est intense et continu pendant toute la journée.

A gauche, le 1er bataillon se cramponne à la tranchée des Chasseurs que le bombardement a, pour ainsi dire, nivelée. Il éprouve de grosses pertes. Le chef de bataillon est tué [commandant Chambouillat] , le capitaine adjudant-major blessé [capitaine Oster ; il décèdera le 5 avril de ses blessures].

A droite, la progression continue à la grenade dans la tranchée Baur et atteint le boyau Goudot.

Le 3 au soir, le 3e bataillon et la C.M. de Brigade n °1 sont remis à la disposition du lieutenant-colonel commandant le 74e R.I. et viennent se placer en arrière de la voie ferrée, dans le ravin qui longe la lisière sud du bois de la Caillette. Une compagnie et deux sections de mitrailleuses sont chargées de la surveillance de ce ravin et doivent le battre au besoin de leurs feux. »

La trouée était fermée.

Au soir de cette journée, le secteur passe sous le commandement de la 5e D.I. et du général Mangin.

Les pertes pour cette première journée de combat sont déjà très lourdes, avec plus de 300 hommes mis hors de combat.