2012 au créneau...
III. - Gaston Jacquemin - Après la guerre...
52 mois de guerre, deux blessures… puis, la Paix… oui, mais le Souvenir, aussi. Et la Fidélité, surtout. Gaston Jacquemin fut un membre très actif de l’Amicale parisienne du 74e R.I. Il en devint le porte-drapeau, fonction qu’il assuma jusqu’à l’épuisement de ses forces. Gaston Jacquemin est décédé le 28 janvier 1974.
Au gré des documents conservés par la famille, le souvenir du 74e R.I. et de son amicale rejaillit : pèlerinages, inaugurations, banquets, remises de médailles, etc. Autant de temps forts pour ces Anciens de 14 qui, tout au long de leur vie, sont restés fidèles aux amitiés nées de la guerre, et à la mémoire de ceux qui n’en revinrent pas…
Petit album souvenir d’un ancien du 74e…
... A Paris. Chaque année, l'Amicale du 74e allait raviver la Flamme du Soldat Inconnu. Gaston Jacquemin est le plus grand, à peu près au centre de la photo, à la droite du porte-drapeau...
... En Belgique. Le 40e anniversaire des combats de Roselies, août 1954… A noter la coquille du graveur qui a transformé le 74e R.I. en régiment territorial ! Depuis, le « T » a été gratté…
... A Rouen. Deux de ces camarades, le 2 août 1964, devant la plaque apposée sur les murs de la caserne Pélissier...
... A Verdun. Pèlerinage du 22 mai 1966. Gaston Jacquemin, de dos et à la veste claire, porte le drapeau de l'Amicale sur la superstructure du fort de Douaumont. Le précédent, la silhouette noire du colonel Lanquetot, qui commanda un temps, comme jeune sous-lieutenant, la compagnie de Gaston Jacquemin, la 4e... Chaque année, un banquet réunissait les anciens de cette compagnie...
Enfin, pour terminer cette évocation, voici le petit article que le bulletin de l'Amicale parisienne du 74e R.I. consacra à Gaston Jacquemin lorsque celui-ci les quitta définitivement, le 28 janvier 1974, quelques mois avant que les derniers grands anciens reprennent le chemin de Roselies, pour un ultime pèlerinage sur les lieux du baptème du feu du 74e, là même où commençèrent la guerre de Gaston Jacquemin et soixante années de fidélité au Souvenir.
Tous mes remerciements à Marcel Jacquemin, son fils, pour les renseignements et la documentation qu'il a eu la gentillesse de mettre à ma disposition.
II. - Gaston Jacquemin – Pendant la guerre…
2 août 1914, c’est la mobilisation générale. Gaston Jacquemin part avec la 4e Cie. Il sera de tous les premiers combats dans lesquels est engagé le 74e R.I. : Roselies, Guise, la retraite et Courgivaux, le 6 septembre 1914, lors du volte-face de la Marne. Quelques jours plus tard, le 12 septembre, il sera blessé à la tête, lors des combats de Gueux – Thillois, à l’approche de Reims.
4e Cie, section Andréani en armes, Rouen 1913. Gaston Jacquemin est identifié par la pastille jaune.
Evacué, il retournera au front, au sein du génie, Cie 3/51. Blessé à nouveau en avril 1916, au bois de la Caillette à Verdun, il sera cité à l’ordre du génie de la 5e D.I. :
Le briquet, offert par l’Hôtel Moderne de Rouen, qui lui sauva vraisemblablement la vie à Verdun :
Gaston Jacquemin (sous la croix noire), soigné à la Courneuve :
Après être passés par divers hôpitaux, Gaston Jacquemin rempilera cette fois-ci dans une batterie d’artillerie anti-aérienne, unité au sein de laquelle il connaîtra la fin de la guerre et sa libération, en 1919, après près de sept années passées sous les drapeaux… et la mitraille.
A suivre...
I. - Gaston Jacquemin – Avant la guerre…
"Chers parents,
Deux mots pour vois faire savoir qu’il n’y a rien de nouveau au 74e. Nous sommes toujours sur le qui-vive. Il serait à souhaiter que cette situation cesse vivement car ça n’est plus une vie. Et avec cela, des bruits plus ou moins exacts circulent de bouche en bouche, ce qui est fait pour surexciter les esprits davantage. On avait fait courir le bruit à Paris que le 3e Corps était mobilisé et prêt à partir, ce qui est absolument faut. Ne vous alarmez pas, s’il y a du nouveau pour nous, je vous le ferai savoir aussitôt. Ma permission est dans le lac maintenant. Si j’avais pu prévoir ces choses, je me serais arrangé autrement. Enfin, ce qui est fait est fait. Je vous embrasse de tout cœur, sans oublier Aline et Henri. Votre fils affectueux qui vous aime tendrement."
C’est le 31 juillet 1914 que Gaston Jacquemin envoyait ces quelques lignes à ses parents, depuis Rouen où il effectuait son service militaire au 74e R.I. De la classe 1911, il avait été incorporé en octobre 1912 et affecté à la 4e Cie.
La vie de caserne… et la 4e Cie à l'inévitable corvée de patates, caserne Pélissier (Gaston Jacquemin est sous la petite croix blanche) :
Parmi les nombreux documents conservés par sa famille, de cette période à Rouen, se détachent quelques photos remarquables car relativement rares, prises lors de la Fête annuelle du Régiment, le 24 juin 1913. Cette journée offrait aux jeunes soldats quelques moments de détente largement mérités. En voici deux :
Gaston Jacquemin est... la jeune femme assise, un peu boudeuse, qui croise ses jambes musclées de biffin...
Il fallait bien s'amuser... et il était temps de s'amuser...
A suivre...
... Suite et fin !

Depuis quelques jours, la fin de l’article que j’ai consacré à l’engagement du 74e R.I. devant le fort de Douaumont est dans les kiosques, au sommaire du n° 7 du magazine « Tranchées ».
Malgré quelques coquilles ou autres inversions de légendes, et outre des photos que l’éditeur a décidé de mettre à la fin de l’article sans m’en avertir et qui ne concernent pas directement le 74e R.I., je reste content d’avoir eu la possibilité d’évoquer le 74e R.I. ailleurs que sur ce blog ! Mes remerciements aux familles d'André Récapet, Jacques Lanquetot et Paul Grenier de Cardenal, à Vincent Le Calvez pour la carte qu'il a accepté de dessiner pour cet article et à Denis Delavois pour son reportage photos à Bordeaux !
Bonne lecture !
Appel à témoins !
Petite annonce 1
Dans le cadre de mes recherches, je serais heureux d'entrer en contact avec un(e) descendant(e) du sous-lieutenant Gabriel Le Ber, avocat au barreau de Paris, secrétaire de la conférence, mortellement blessé le 22 mai 1916 à Verdun.
Petite annonce 2
Même appel concernant le sous-lieutenant Henri Millevoye, ami intime de Gabriel Le Ber, avocat au barreau de Paris, secrétaire de la conférence, tué le 25 septembre 1915 à Neuville-Saint-Vaast.
Notes...

Les notes... notes de bas de pages, notes en marge, notes isolées... Elles font le régal de mes recherches... Tel ce petit mot, griffonné à la hâte par R. Boisseau en 1971. De la classe 1916, il ne cessa, au sein de l'Amicale des Anciens du 74e et jusqu'à la fin de ses jours, d'entretenir la mémoire de ses camarades tombés entre 1914 et 1918. Il écrivait beaucoup et certains de ses papiers me sont parvenus. Comme pressé par le temps - il devait décéder le 15 avril 1973 - il multipliait ces petites notes qu'il surchargeait d'autres notes et complétait par de nombreux renvois... Fragments de mémoire volés au silence menaçant et qu'il transmettait généreusement à ceux qui suivraient...
La catastrophe, c'est quand les notes manquent. Quand elles ont été oubliées, coupées au montage... et c'est qui est arrivé à deux notes de bas de page de l'article publié par la revue "Tranchées" que j'évoquais dans mon dernier message. Alors, pour les curieux, et histoire d'être "carré", les voici :
- Note 16, page 43 : "Cette description du paysage est faite depuis les abris de la voie ferrée, dos au fort de Douaumont"
- Note 17, page 43 : " Vision de l'enfer de Verdun, déjà cité."
Un grand merci à Valérie qui, la première, à décelé la coquille.
Un peu de lecture pour la plage…

Le trimestriel « Tranchées » m’a proposé de rédiger un article sur l’engagement du 74e R.I. dans la tentative de reprise du fort de Douaumont le 22 mai 1916. La première partie de ce texte paraît ces jours-ci dans le n° 6 de cette revue. La seconde sera disponible dans le n° 7 à paraître en octobre prochain.
Je n’ai pas souhaité faire une étude tactique de ces combats mais plutôt proposer la vision que nous en donnent les combattants eux-mêmes. Si ça a été un plaisir de fouiller dans de nombreux récits, photos et documents, connus ou inédits, ce fut aussi un crève-cœur de devoir n’en conserver qu’une partie. Mais c’est la loi du genre et je tiens à remercier l’équipe de « Tranchées » qui a accepté de me donner un peu plus d’espace en me proposant de faire courir l’article sur deux numéros.
Je tâcherai, cet été, d’apporter quelques éléments complémentaires que je n’ai pu insérer dans l’article lui-même.
Bonne lecture, et bonnes vacances !
Stéphan
Le site de « Tranchées » : http://www.tranchees.fr/
Du nouveau sur Internet !

L'année commence bien !
L'Amicale des Anciens du 74e Régiment d'Infanterie vient de mettre en ligne son site Internet. Rendez lui une petite visite et découvrez les différentes périodes de l'histoire moderne du Régiment.
Le site de l'Amicale du 74e R.I.
Merci, pardon, et joyeuses fêtes !

Merci ! Merci à toutes celles et à tous ceux qui, depuis des années, restent fidèles à ce blog. Il ne se passe pas une semaine, voire, par période, une journée, sans que l'un d'entre vous ne m'apporte de nouveaux éléments, de nouvelles contributions, venant considérablement étoffer notre connaissance de l'histoire des hommes qui servirent au 74e R.I. Descendants ou non d'anciens du régiment, vous avez à cœur de partager la moindre petite information concernant le 74e : qu'il s'agisse de la localisation de la tombe d'un soldat oublié, d'une photo nous révélant le visage d'un autre, ou encore d'éléments biographiques sur un troisième ; qu'il s'agisse des carnets de route d'un officier, de la correspondance de guerre d'un simple soldat ou bien encore de photos du front conservées par un médecin-chef du régiment, vous avez toutes et tous eu la gentillesse de porter à ma connaissance des documents uniques et inestimables qui viennent, l'un après l'autre, l'un à côté de l'autre, compléter ce grand puzzle de la mémoire du 74e. Mémoire toujours vivace dans nombre de familles et mémoire dont ce blog souhaiterait être le reflet... mais un bien pâle reflet, en vérité et en regard de ce qu'il me faudrait faire, de ce qu'il me reste à faire...
Alors, pardon ! Pardon de ne pas rendre compte de tout cela comme je le souhaiterais, régulièrement, quotidiennement, sur ce blog. A l'origine de sa création, mon ambition était qu'il fut une vitrine vivante et animée de cette mémoire. Si, dans les premiers temps, je suis parvenu à en faire un lieu relativement actif, force est de constater que depuis deux ans, la machine est moins bien huilée et que les mises à jour s'espacent dans le temps. A cela, il y a une raison objective et incontournable : mon boulot ! Il a, depuis deux ans, pris une direction nouvelle qui ne me laisse que bien peu de temps libres. J'en suis ravi car mon boulot me plaît - et, de surcroît, en ces temps difficiles il serait mal venu de se plaindre à ce niveau-là !!! Mais il ne faut pas se fier aux apparences : si le blog est en relative hibernation, j'occupe toujours avec la même passion mes quelques temps de loisirs à travailler sur le sujet : retranscription de documents, recoupement divers, élaboration de fiches thématiques, recherches diverses, etc. Simplement, je n'ai pas le temps d'organiser ce travail en fonction du blog lui-même et de mises à jour régulières. Je forme néanmoins le vœu - puisque c'est de saison ! - de pouvoir, dans les prochains mois, réactiver un peu cet espace. Je vous remercie, en tous cas, pour votre fidélité et pour votre compréhension.
Noël approche... Aussi je profite de ce message pour vous souhaiter de très belles fêtes de fin d'année. Et je vous donne rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles aventures !
Stéphan
Ci-dessus, un joli cadeau : une magnifique, émouvante et inédite photo de la messe de Noël 1914, en plein air, dans le village de Thil. Elle fut célébrée par l'abbé Boulé, sous-lieutenant au régiment. Je rappelle que ce 25 décembre 1914, de nombreux soldats du 74e R.I. fraternisèrent quelques heures avec leurs vis-à-vis allemands, entre les lignes, dans la plaine de Courcy... Merci à Nathalie, petite-fille du médecin chef du 74e R.I. qui nous offre ce précieux document. Je reviendrai d'ailleurs prochainement sur ce médecin...
Le "grand-père" du Soldat Inconnu était au 274e R.I....

Cette année encore, ce 11 Novembre, la sonnerie aux morts retentit.
Hommage aux morts de la Grande Guerre, symbolisés par celui, inconnu, qui repose sous l'Arc de Triomphe.
A cet inconnu reste attaché le nom d'Auguste Thin, jeune soldat qui eut à choisir, parmi 8 cercueils, celui qui pérennisera la mémoire de tous ces combattants mort pour la France... et, plus intimement pour Auguste, celle de Louis Thin, son père, tué à Verdun le 23 mai 1916 lors de la tentative de reprise du fort de Douaumont. Il était sergent dans les rangs du 274e R.I., régiment de réserve du 74e.

De Bordeaux à l'Artois en passant par Beauvais... André Récapet - II

André Récapet est né le 6 avril 1895. Il passe les premières années de sa scolarité à Bordeaux avant de partir, à Beauvais, suivre les cours de l’Institut Agricole International. Quelques jours avant que n’éclate la guerre, il soutient sa thèse : « Une exploitation viticole dans l'Entre-deux-Mers (Gironde) », et obtient ses diplômes de Capacité Agricole et d’Ingénieur d’Agriculture I.A.B.
De la classe 1915, le jeune diplômé est appelé sous les drapeaux le 16 décembre 1914. Il rejoint le dépôt du 108e R.I., à Bergerac, et y reçoit, pendant un peu plus de six mois, son instruction militaire. Le 10 juin 1915, il est envoyé en renfort vers la Zone des Armées et est affecté au 9e bataillon du 36e R.I. (bataillon d’instruction et de renfort de la 5e D.I.), en Artois.
Il restera trois mois dans ce bataillon, parfaisant son instruction et effectuant des travaux de terrassement en première ligne. Le 16 septembre 1915, soit neuf jours avant le déclenchement de la grande offensive du 25 septembre, il est envoyé en renfort au 74e R.I. … Son cousin, Augustin Récapet, suit le même parcours, et c’est ensemble qu’ils sont affectés à la 4e Cie du régiment…
A cette date, la 4e Cie est commandée par le capitaine de Mareschal de Luciane, officier venant de la cavalerie.
Mais avant de suivre André Récapet au sein du 74e R.I. et pour clore ce second billet qui lui est consacré, voici une première lettre qu’il rédigea à son arrivée en Artois. Son premier contact avec le front, juin 1915…
" Dimanche
4hrs soir [certainement le 13 juin]
Chers
Parents
Le temps a bien changé j'entends le canon et
ça tonne sans intermitance et d'une façon colossale et pourtant nous sommes
loin de la ligne de feu. J'ai vu 2 gros obus éclater derrière nos batteries de
120 long qui leur expedie quelque chose comme pruneaux.
Nous sommes à 12 kms derrière Arras au milieu
des voitures de ravitaillement qui défilent en longues files sur les routes. Depuis les plus petites autos, jusqu'aux gros autobus parisiens c'est à
qui va le plus vite vers son but et les conducteurs ont un travail
considérable, ils n'arrêtent jamais ni le jour, ni la nuit surtout la nuit.
On va nous amener un peu plus en arrière pour
nous former régulièrement en attendant plus de danger, mais ça ne durera pas
longtemps. "

Dans les lettres qui suivront, André Récapet
nous donnera à connaître la vie qu’il mena durant les quelques semaines qu’il
passa au 9e bataillon du 36e R.I. Instruction et, en quelque sorte, acclimatation progressive à
l’enfer : la guerre sans la faire mais tout en y étant déja…
In Memoriam
Il y a aujourd'hui deux ans le Colonel Denisse nous quittait.

André Récapet - Fantassin de la 4e Cie - I

Quelques années à peine séparent le portrait de ce jeune enfant des traces que son nom a laissées dans la pierre.
De la pierre de l’Ossuaire de Douaumont qu’il partage avec son cousin Auguste, à la dalle d’une serre familiale alors qu’il se destinait au travail de la terre, en passant par une place de Bordeaux qui porte aujourd’hui son nom, André Récapet nous rappelle silencieusement que 21 ans, c’est bien trop court pour la vie d’un homme.
Dès son enfance, Odile Marie s’est émue du destin de cet arrière-grand-oncle :
« Dans une petite pièce, toujours fermée à clé, et dont la clé était précieusement gardée, avec d'autres, dans une tasse sur la cheminée de la chambre de Papa et Maman, j'ai découvert un tableau peint à l'huile enchâssé dans un beau cadre de bois doré ovale. Qui pouvait donc être ce jeune homme moustachu au regard perdu dans l'espace d'une époque que j'ignorais ? Je suis descendue avec cette oeuvre, excitée et fière de ma découverte et il m'a été répondu vaguement qu'il s'agissait d'un oncle de Papa, mais qu'on en parlait peu et qu'il valait mieux que je remonte le tableau là où il se trouvait.
Bien sûr, nous savions tous, nous qui vivions à Bonnet tout au moins, que le grand-père de Papa, Léonce Récapet avait perdu à Verdun durant la guerre de 14 un fils […].
Quelques années passèrent et toujours à mes furetages, je décidais un jour que ce tableau avait sa place «en bas» dans la maison. Cette fois-ci ma requête fut entendue et, depuis, le tableau est toujours accroché, avec à ses côtés la photo de Denise Récapet, sa chère petite sœur, dans la pièce du billard de Bonnet.
J'avais trouvé aussi à l'époque un paquet de lettres écrites depuis le front par ce garçon, à ses parents. J'avais pressenti le drame dont elles témoignaient, mais n'avais pu en approfondir la lecture. »
En 2005, Odile Marie entreprend de se plonger pleinement dans la correspondance de guerre d’André Récapet. Elle se livre à une patiente retranscription des lettres, interrogeant un passé qui nous est de plus en plus incompréhensible, absurde. Elle en cherche le sens, pour lui, pour sa famille, pour elle… pour nous :
« J'éprouve le besoin «d'écouter» ce que André Récapet a à me dire, à nous dire. Écouter (avec mes yeux, mes oreilles, mon cœur) ce qu'il a vécu, transmis. Re-cueillir humblement ce qu'il a laissé de lui et de sa vie; ne pas en perdre une miette, tout est essentiel.
J'éprouve le besoin de plonger là-dedans comme pour récupérer aussi quelque chose qui m'appartient, pour honorer, éclairer, rendre hommage, faire revivre, faire vivre tout simplement. J'ai envie d'honorer le courage, la force, la foi, l'abnégation, la persévérance... »
Travail magnifique qu’elle a accepté de me confier et, par-là même, de vous offrir. Aussi, au cours des mois à venir, je vous proposerai de larges extraits de la correspondance de guerre d’André Récapet. Il s’agit d’un témoignage remarquable. Un prochain message l’introduira en exposant, dans ses grandes lignes, le parcours de guerre d’André Récapet.
Je renouvelle ici mes remerciements à Odile Marie, ainsi qu’à Denis D. pour la photo de la plaque de la Place André Récapet. J’espère que cette mise en ligne participera, à sa modeste hauteur, au vœu qu’Odile Marie exprime en introduction de son Mémoire :
« J'écris ce mémoire pour que André ne meure pas une deuxième fois, oublié de tous. »
Meilleurs Voeux !

Noël approche, et toujours pas d'idée de cadeaux ... ?
En cette période de fin d'année, il est d'actualité de faire la chasse aux cadeaux... A une époque où les achats se font facilement, rapidement et de plus en plus via le net, je vous propose de visiter la page des Editions Anovi. J'ai déjà évoqué ici cet éditeur lorsqu'il publia le témoignage de Gaston Olivier, soldat du 274e R.I.
Si aujourd'hui je remets en tête de cette page l'adresse des Editions Anovi c'est d'une part pour saluer l'immense travail d'Eric Labayle qui a su imposer son exigence éditoriale à tout ceux que l'histoire et les livres ne laissent pas indifférents, mais également pour soutenir cette maison d'édition indépendante qui, dans une période délicate de son existence, a besoin du soutien du plus grand nombre...
Je ne doute pas que les amis et lecteurs du blog du 74e R.I. ne resteront pas insensibles à ce petit coup de main qui leur est demandé aujourd'hui. "Afin de ne jamais oublier...", pour reprendre le titre de l'ouvrage de Gaston Olivier, que c'est grâce au courage de tels éditeurs que la Mémoire se transmet et que l'Histoire peut continuer sa course...
Alors, commandez... commandez !! Il y a du choix !! ;-)
Merci et à bientôt.
Stéphan
11 Novembre 2009

Joseph Marie Le Goëvec,sous-lieutenant, 11e Cie du 74e R.I., tué le 7 juin 1915, en Artois.
Entre sa tombe initiale et la croix sous laquelle il repose aujourd'hui...
Souain - Ilot Claire
Souain, "Ilot Claire" - Printemps 1918

C'est la rentrée...

En ces temps de reprise, un peu de légèreté et simplement trois photos plutôt étonnantes. Ce devait être un passage obligé, une sorte de tradition dans les régiments, à chaque nouvelle classe appelée sous les drapeaux : on prenait les plus grands et les plus petits, et hop, une photo qui amusera encore, un siècle plus tard, les inconditionnels du 74e !
Bonne rentrée !
Merci à Monique et Guilhem pour leur générosité et leur oeil avisé.
Il y a 95 ans...
Dimanche 2 août 1914
Je sors. Je parcours la ville. A 3 heures après midi, Maman arrive. Emotion. Nous restons ensemble deux heures, ne sachant quoi nous dire ; nous sentons que seul le silence convient à nos sentiments graves. Elle me donne deux pièces de vingt francs en or, et une boîte de sardines pour mettre dans mon sac. Elle repart. Ensemble, nous allons à la gare. Tout au long du chemin, je rencontre des femmes en pleurs. Je vais chercher du tabac ; la buraliste refuse mon argent et me dit, les dents serrées : « Oh ! Tapez dessus, tapez dessus qu’il n’en reste plus un ».
Pauvre Maman ! Elle n’était pas sincère en me disant sa confiance !
Haquin, le sous-chef de musique, a fait affilé son sabre, couper ses cheveux ras et jure en alsacien. Il veut partir tout de suite et « tuer du boche » qu’il dit.
(Extrait du carnet de route de P. Mayer, musicien brancardier, C.H.R. du 74e R.I.)

Quelques hommes de la 4e Cie. Photo prise en avril 1914. Combien en reviendront ?...

























